Le  problème de l’interprétation peut n’apparaître que technique et c’est dans ces écrits-là qu’on le retrouve chez Freud. L’évolution aidant, et les désillusions de même quant à la possibilité de fonder scientifiquement la psychanalyse, on en est revenu à s’interroger sur la manière dont elle fonctionne. Dans ce décours, Lacan et d’autres à sa suite ont posé une équivalence entre désir et interprétation au sens où ce serait cette dernière qui révèlerait le désir si, mieux encore, elle ne le constitue pas. La voilà au fondement même de notre pratique.

 On sait que ni Lacan ni Freud n’ont consacré de livres à ce problème spécifique, peut-être parce que celles et ceux qui les entouraient possédaient une culture bien au-delà de la moyenne. Et à l’institut de Berlin dans les années 20, on refusait dès l’entrée les personnes qui n’en faisaient pas montre. Est-ce le seul motif ou y a-t-il des raisons plus profondes qui rendent son appréhension en termes théoriques si difficile ?

            Dans notre monde actuel, la démocratisation de la pratique analytique s’est organisée par le bas à l’inverse de ce qui s’était produit plus de 40 ans auparavant et davantage ; les multiples psychothérapies apparues parallèlement aux scissions des sociétés et écoles de psychanalyse n’ont fait qu’accentuer cette acculturation, comprise dans tous les sens que l’on donne à ce mot, d’autant que c’est devenu un véritable secteur industriel. Les manières d’interpréter se sont intriquées au point de rendre indéfinissable ce qui relève de l’un ou de l’autre domaine.

            Aujourd’hui il y a lieu de se réinterroger sur les référents qui nous permettent d’interpréter les paroles des analysants, et de questionner tous les ratages dont on y fait preuve. Car l’interprétation en psychanalyse se différencie de toutes les autres : elle ne dit pas la vérité, ne ressemble en rien à une interprétation psychologisante, ne peut être un recueil de bons mots issus de l’Almanach Vermot, et ne se résout pas dans le seul ordre du sens. Qu’est-elle donc pour permettre la transformation d’un sujet au-delà de toute appréhension consciente de ce qu’il ou elle vit ?

            Pour essayer de cerner cette question devenue essentielle à tout développement futur de la psychanalyse en l’absence de théorisations nouvelles, nous nous proposons de reformuler ce qu’elle fut dans ses prémisses, de la suivre dans ses développements selon les différents modes de conceptualisation de la psychanalyse, et d’envisager enfin ce qu’elle est en l’état actuel avant de conclure sur ses développements ultérieurs possibles.

             Didier Cromphout.

 

            Les personnes désireuses de s’inscrire dans la lignée de ce travail peuvent prendre contact avec nous en cliquant ici ! La date de la première réunion sera fixée en tenant compte au mieux des desiderata de chacun des participants.

            La participation au séminaire est gratuite; elle est toutefois subordonnée au paiement de la cotisation de membre adhérent.

 


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